Énergie solaire en France : ce que les chiffres de 2026 révèlent sur le marché photovoltaïque
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Énergie solaire en France : ce que les chiffres de 2026 révèlent sur le marché photovoltaïque

La France a franchi le cap des 27,9 GW de puissance photovoltaïque installée à la fin 2025, soit une progression de 24 % sur l’année. Plus d’un million deux cent mille installations sont raccordées sur le territoire, et le mouvement ne ralentit pas. Dans ce contexte, comprendre les grandes tendances du marché solaire aide autant les propriétaires souhaitant équiper leur toit que les exploitants agricoles ou les gestionnaires de bâtiments professionnels.

Un marché en pleine accélération, avec des objectifs nationaux revus

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3), présentée en février 2026, fixe un objectif de 48 GW installés en 2030, puis entre 55 et 80 GW en 2035. Ce chiffre est en retrait par rapport aux 54 GW initialement envisagés, mais une clause de revoyure est prévue en 2027 pour ajuster la trajectoire selon les besoins réels du réseau. Le rythme de déploiement attendu tourne autour de 3,5 GW par an, un niveau déjà quasiment atteint ces dernières années.

Parmi les acteurs qui structurent cette dynamique figure Photosol, fondé en 2008 et pionnier de l’agrivoltaïsme en France. Avec 93 sites en exploitation et 1,4 GWc en exploitation, en construction ou prêts à construire, le groupe affiche une présence significative sur plusieurs segments : centrales au sol, toitures agricoles et industrielles, ombrières de parking et stockage d’énergie.

Agrivoltaïsme et ombrières : deux segments portés par la réglementation

La loi APER de mars 2023 a profondément redessiné le cadre légal du solaire en France. Pour l’agrivoltaïsme, elle a posé pour la première fois des règles claires, précisées ensuite par le décret du 8 avril 2024 et une instruction ministérielle de février 2025. Ces textes définissent les conditions d’implantation sur terrains agricoles et les obligations de suivi, ce qui sécurise les projets côté agriculteurs comme côté opérateurs.

Les ombrières de parking constituent un autre volet concret de cette réglementation. Les parkings de plus de 10 000 m² devaient être équipés au 1er juillet 2026 ; ceux compris entre 1 500 et 10 000 m² ont jusqu’en 2028. La loi Huwart, publiée fin novembre 2025, est venue compléter le dispositif en intégrant des exigences de végétalisation pour les nouveaux projets. Résultat : les gestionnaires de grandes surfaces commerciales ou de zones d’activités sont directement concernés, et la demande en solutions d’ombrières a sensiblement augmenté.

Pour les particuliers, la rentabilité reste au rendez-vous

Côté résidentiel, installer des panneaux photovoltaïques en 2026 est jugé rentable avec un retour sur investissement estimé à environ 7,5 ans pour une installation standard. Une installation de 6 kWc représente un investissement d’environ 12 000 euros après aides, avec une électricité quasi gratuite sur plus de 15 ans. Même dans les régions les moins ensoleillées du territoire, l’amortissement reste généralement inférieur à 15 ans.

Les aides disponibles complètent ce tableau : TVA réduite à 5,5 % pour les installations résidentielles de moins de 9 kWc, éco-prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 euros, et MaPrimeRénov’ pour les panneaux solaires thermiques ou hybrides (jusqu’à 2 500 euros pour les hybrides). La prime à l’autoconsommation a connu plusieurs évolutions depuis 2025 ; les conditions exactes méritent d’être vérifiées auprès des organismes officiels avant tout projet.

Le marché solaire français a clairement atteint une maturité qui profite à tous les profils, du particulier qui cherche à réduire sa facture à l’agriculteur qui loue sa toiture sans investir. La dynamique réglementaire et la baisse continue des coûts d’installation rendent la question moins « faut-il le faire ? » que « quand et comment ? ».